Bonjour à toutes et
tous !
Non, ce blog n’est
pas tout à fait mort ! Il est vrai que cette fois-ci, le silence a été
particulièrement long, mais j’ai de bonnes excuses, qui seront partiellement
exposées dans les lignes qui suivent. Pour ce retour aux affaires, plutôt qu’une
publication sur un thème particulier, je vous proposerai un cocktail de
différents sujets, avant de reprendre le collier de façon plus régulière dans
les mois qui viennent.
Le grand
nettoyage (par le vide !)
Après mon dernier
post de vacances, il restait quelques semaines avant la reprise des cours. Bien
sûr, les examens, lectures de mémoires et délibés permettent d’occuper des
journées qu’on aimerait d’ailleurs consacrer à autre chose, ne fût-ce qu’à
préparer ses cours. Mais outre ces activités saisonnières, je me suis entre
autres consacré à un grand nettoyage qui, à défaut d’être printanier, était
bien nécessaire. En effet, après un an et demi de relation à distance, ma douce
et moi-même partageons notre quotidien depuis mi-septembre. Alors non, ne
pensez pas que j’avais attendu de vivre avec une femme pour passer l’aspirateur
et prendre les poussières de temps en temps. Par « nettoyage », j’entends
plutôt « désencombrement ». Car c’est bien connu, plus on a de place,
plus on entasse de choses diverses et variées, que ce soit dans un sac à main, des
placards, une cave, ou un top-case de moto. Le fait de devoir libérer de l’espace
permet de se poser de saines questions, et de se rendre compte que l’on n’a pas
forcément besoin d’empiler des vêtements que l’on ne met jamais, d’archiver des
travaux d’étudiants diplômés depuis des années, de garder des jouets que les
enfants n’ont plus touchés depuis belle lurette, etc, etc. La solution ?
Donner, vendre, recycler, et ne jeter qu’en dernier ressort.
Au passage, une
petite réflexion se fait d’elle-même sur notre dépendance aux objets, sur l’instinct
de possession idiot que l’on développe pour tout et rien, comme si l’on ne
pouvait pas apprécier une chose sans devoir se l’approprier. Il paraîtrait, d’ailleurs,
que c’est ce qui a poussé l’homo sapiens à abandonner son mode de vie de
chasseur-cueilleur pour se sédentariser, dans un premier temps au péril
de sa vie, ni plus ni moins. A contrario, lorsqu’on est obligé de se
(re)transformer en nomade, on se rend compte que l’essentiel prend peu de place.
Ainsi, Anya est arrivée ici avec deux valises, et j’irai encore en chercher une
troisième d’ici quelques semaines, en revenant d’une mission d’enseignement en
Russie. Soit, avec le bagage à main, 70 kg d’effets personnels. Bien sûr, pas
besoin, dans son cas, de déplacer des meubles ou de la vaisselle et du linge de
maison. Mais tout de même, on est loin d’un déménagement international…
Ce genre de tri
permet aussi de réaliser la valeur de ce que nous gardons tous parce que, quand
même, « ça peut servir ». Combien d’objets les plus divers finissent chaque
année dans les déchetteries tout simplement parce que leur dernier propriétaire
ne s’en sert plus, alors qu’ils sont encore en bon état ? Pas le temps de
vendre (et pas d’acheteur !), personne à qui donner (ou pas envie de
chercher), pas de place pour garder… et hop, on jette ! Et si, au contraire,
on arrêtait d’acheter tout et n’importe quoi et on prenait le temps de
valoriser nos fonds de grenier ?
Autoproduction
La fin de l’été,
ce n’est pas seulement la saison de la deuxième session, c’est aussi depuis
quelques années le moment de faire ma confiture. Non pas « mes » mais
« ma », la seule, l’unique, l’incomparable PPP (pomme, poire, prune),
inventée par ma grand-mère maternelle et ses sœurs pendant la guerre. Le
principe : faire avec le peu de fruits compatibles que l’on avait en cette
période difficile, ajouter le peu de sucre qu’il était possible de trouver, et
voir ce que donne le résultat. Un résultat excellent d’ailleurs, puisque la PPP
a été définitivement adoptée et a continué de faire des heureux longtemps après
la guerre. C’est donc en souvenir des petits déjeuners de mon enfance que j’ai
entrepris de ressusciter la recette il y a presque une dizaine d’années. C’était
mon premier essai d’autoproduction alimentaire, en quelque sorte.
Depuis, je m’y essaye
de plus en plus fréquemment, en variant les genres. Précieux allié dans cette
quête du do-it-yourself gastronomique, l’écocentre
Oasis que l’une de mes collègues anime avec son compagnon, sa sœur et son
beau-frère. J’y ai déjà assisté à un atelier de fabrication de pain au levain
et à un autre consacré à la lactofermentation. Pour le pain au levain, la mise
en pratique est quasi-hebdomadaire, et au fur et à mesure des mois qui passent,
les expériences se succèdent, les quelques rares échecs suffisent à éviter des
erreurs basiques, et les recettes s’affinent. Ma préférée du moment : un
mélange de farines blanche et complète avec un généreux essaimage de graines de
potiron, le tout pour un pain d’un kilo ou à peine plus (au-delà, le four n’arrive
pas à cuire la mie jusqu’au cœur). Le plus beau, dans cette histoire, c’est que
ce n’est pas une science exacte. Je nourris le levain tous les jours ou tous
les deux-trois jours, je le sors deux ou trois heures avant de faire la pâte,
je mets environ deux fois plus d’eau
que de levain avant d’ajouter la farine, je laisse monter 10, 12 ou 14h en
fonction de la température ambiante et de mes activités du moment… bref, tout
est bon ou presque, et il faut vraiment de la mauvaise volonté pour rater son
coup… ou tuer le précieux levain !
Quant à la lactofermentation,
je viens de goûter ma conserve de choux divers et cumin, qui avait fait beaucoup
de bulles et perdu pas mal de liquide par le couvercle, et le résultat est tout
aussi bon que pour les deux autres conserves ramenées de l’atelier (betterave
et carotte-gingembre). Une belle motivation pour recommencer prochainement,
avec les enfants cette fois ! Ici encore, il y a un peu de marge dans la
proportion d’eau et de sel à ajouter, et les délais et températures de conservation
sont très extensibles.
Plus de publications
sur l’alimentation, sans doute, dans les mois qui viendront. Il y a un côté ludique
à s’essayer à de nouvelles recettes, et le fait de (re)prendre de l’autonomie
alimentaire est crucial, car il peut s’agir à long terme d’une question de
survie, ni plus ni moins.
A l’unif aussi…
Dernier petit chapitre
de ce post de rentrée un peu tardif, celui consacré, justement, à l’université.
De plus en plus, les établissements d’enseignement prennent conscience de la
demande réelle qui émane d’une partie des élèves / étudiants et enseignants d’adapter
la vie de l’institution – et même son programme ! – aux nouvelles réalités
du monde d’aujourd’hui et de demain. Heureusement, l’ULB semble bien décidée à
ne pas rater ce train-là, puisqu’il existe un plan de durabilité qui
tente d’intégrer cette dimension dans tous les aspects de la vie universitaire,
avec beaucoup de volontarisme et déjà pas mal de succès. Par ailleurs, à un
niveau supérieur encore, l’ARES
entend soutenir financièrement les projets concrets, et un appel est
actuellement en cours, pour un financement total de 200.000 euros, à
répartir par micro-budgets de 5.000 à 10.000 euros. Non, tout cela n’est pas que
du greenwashing ou une tentative de se donner bonne conscience. Les universités,
entre autres, ont compris que les étudiants sont de plus en plus nombreux à
vouloir être séduits par leur projet sociétal, sans quoi ils iront s’inscrire
ailleurs ! Même les
ingénieurs se rebellent, c’est dire, et ils
sont de plus en plus nombreux à le faire.
Dans les mois qui
viennent, aussi, plus de nouvelles sur ce front-là, et sur ce que nous
arriverons à réaliser concrètement (ou pas, et pourquoi) sur notre petit
morceau de campus ucclois.
Voilà, ce sera
tout pour cette reprise de contact. Merci à celles et ceux qui continuent à me
lire, même épisodiquement, a fortiori quand je n’écris qu’épisodiquement…
A bientôt, c’est
promis !
Je me réjouis de pouvoir « te » lire à nouveau! Et félicitations pour l’emménagement de ta chère et tendre! :)
RépondreSupprimerNe trouves-tu pas qu’il y a un côté un peu joussif à faire le tri, revendre le vieux et savoir qu’il peut encore servir? C’est ce que je fais avec mes livres et les vêtements. Reste plus qu’à convaincre mon mari de s’y mettre...
Quant au passage avec l’homo sapiens, je te conseille le livre de Yuhal Noah Harari, « Une brève histoire de l’humanité », passionnant!
Le pain, ça fait aussi quelques semaines qu’on le fait nous-mêmes. Personnellement j’adore le préparer dans une cocotte en fonte. Un délice!
A bientôt!
PS: J’aurais bien troque des Túró Rudi contre de la bonne PPP!!!
Bonjour Julie ! Merci pour tes félicitations. Oui, je suis bien d'accord sur le côté jouissif du tri. En plus, à être dans une démarche de désencombrement et rangement, on a une idée exacte de ce qu'on a chez soi, et on exploite mieux ses ressources. Bref, que du positif. Donc oui, il faut convaincre ton mari de s'y mettre.
SupprimerMerci aussi pour ton conseil de lecture, ce bouquin est sur mon radar depuis longtemps, mais je n'ai pas encore eu le temps de m'y mettre. Si tu passes par Bruxelles, je te l'échange contre un pot de PPP ! ;-)
Ha ha ! L’an dernier j’ai vidé une maison de plus de 220 mètres carrés qu’on occupait depuis 43ans pour une autre qui en fait moins de la moitié. Si j’ajoute que je collectionne les poupées anciennes et tout ce qui s’y rapporte... Ça a fait du barda ! J’ai un peu vendu, beaucoup donné, il y a en France une association qui s’appelle Emmaüs et qui reclasse des gens en difficulté par le recyclage.
RépondreSupprimerBravo pour la PPP. J’ai une pensée émue pour ta Grand Mère ainsi que tes Grand Tantes qui m’on fait beaucoup rire un jour... Moi j’ai fait de la confiture de mûres, je n’ai pas eu à aller loin pour les trouver.
Bien amicalement.
Bonjour Mana ! Vider une maison occupée depuis 43 ans, ça tient de l'exploit ! A côté, je fais vraiment figure de débutant. Petit à petit, maman s'y met aussi dans la maison familiale à Schaerbeek, et nous l'encourageons sans la / nous bousculer...
SupprimerLa PPP, je ne pourrais plus m'en passer, et je suis fier d'avoir redonné vie à cette tradition familiale. Il faudra que tu me racontes un jour comment ma grand-mère et ses soeurs t'ont tant fait rire !
Bise bruxelloise !
Salut vieille branche ! La reprise de ton blog est une super nouvelle, et ce post est vraiment très sympa ! Si jamais tu as envie de partager tes recettes, surtout, n'hésite pas ;)
RépondreSupprimerÀ tout bientôt
Salut jeune pousse ! Je compte bien partager quelques recettes, oui, mais le mieux serait encore d'organiser un atelier cuisine pour échanger nos précieux savoir-faire. On tâche de se fixer une date ? Tschüss :-)
Supprimertrès bel article nicolas - pour ce qui est de vider, de ne rien conserver, je ne collectionne que les livres, et encore - souvent je dépose ceux que je sais ne plus jamais relire dans une boîte à livres - il est évident que d'avoir vendu notre maison uccloise m'a réellement incité à vider le plus possible - on "collectionne" moins dans un appartement que dans une maison -
RépondreSupprimerbienvenue à ta nouvelle compagne, puissiez vous avoir de longues et belles années
Bonjour Niki ! Merci pour tes mots gentils. Les livres, je l'avoue, c'est bien le point faible de mes bonnes résolutions sur le désencombrement. Si un jour j'arrive à m'en détacher, c'est que j'aurai fait beaucoup de progrès. Et encore, je ne parle pas de la tâche à accomplir rue Destrée...
SupprimerJe plussoie l’idée du désencombrement! Ton post me donne l’envie de m’y mettre. Mon challenge ? Trier toutes mes pièces détachées de vélo et faire quelques heureux et quelques sous, les fêtes approchant. À bientôt.
RépondreSupprimerCia-O, Paul-O !
RépondreSupprimerIl va bien falloir te séparer de ton fond de commerce cycliste si tu veux avoir un peu de place pour mécaniquer sur un cafe racer ;-) Donc si je peux t'aider à vider tes fonds de caves (sans trop remplir les miens), fais signe !
À plus.
Je pense même pouvoir assembler une “frankenbike”, si le côté dépareillé ne te dérange pas ⚙️🛠
SupprimerVraiment pas, non ! J'ai toujours été dépareillé ! 😉
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