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jeudi 22 août 2019

Vacances proches, épisode 2


Mes vacances sont terminées, ce qui prouve bien que je les ai prises ! (private joke dont le destinataire se reconnaîtra…)

Après avoir roulé ma bosse sur les routes de France et les chemins de fers de Russie, j’ai décidé de rester au pays, et je ne le regrette pas, puisque j’y ai passé de bien belges vacances (maintenant, j’arrête les blagues idiotes, c’est promis !)

Plus sérieusement, dans la perspective de déconsommation et de sobriété énergétique qui m’occupe, je considère évidemment que chacun a tout intérêt, pour lui-même et pour la collectivité, à redécouvrir son pré carré, son petit bout de planète personnel. En Belgique, si l’on reste dans une perspective nationale, ce mouchoir de poche fait 30.000 km², avec une densité moyenne de population affolante de 300 habitants/ km² et une météo qui a mauvaise réputation. Pas de quoi attirer des foules de touristes, on en conviendra ! Et pourtant…

Et pourtant, avec un peu de bonne volonté et de capacité à s’émerveiller, on ne se lasse pas de le redécouvrir, ce mouchoir de poche. Alors, bien sûr, il y a des endroits à éviter si l’on cherche le calme : les grosses stations côtières pendant les longs week-ends estivaux, la place de Durbuy lors des premiers beaux jours où les motards sont de sortie, Bruges… quasi toute l’année. Mais il y a aussi moyen de se sentir presque seul dans ce pays surpeuplé ! Cette quasi-solitude, j’en ai bien profité pendant toute une semaine de camping avec Matyas pendant qu’Eliska était à son camp scout.

J’avais trouvé le camp par hasard en cherchant sur internet… selon je ne sais plus quel critère. Situé à l’extrême sud des cantons de l’est, à un jet de pierre des frontières allemande et luxembourgeoise, ledit camp est bien entendu tenu par des… Néerlandais. Oui, il est pour une bonne partie envahi de caravanes résidentielles trop serrées les unes contre les autres. Mais au-delà de cette zone se trouve une autre, éloignée, sans raccordement au courant, et sans parcelle prédéfinie. Prix pour six nuits : 120 euros (deux personnes, une tente, une voiture). Espace de terrain occupé pour ce prix : 500m² à vue de nez. Dans cette vaste vallée ombragée, les voisins se respectent mutuellement, et le seul « tapage nocturne » dont j’ai eu à me plaindre est le ballet gazouillant des oiseaux au petit matin, quand la fraîcheur se fait sentir et réveille le campeur.

Sur les sentiers de randonnée de ce coin perdu entre Fagnes et Ardenne, les promeneurs ne se bousculent pas non plus. Pour tout dire, on peut marcher une heure, voire plus, sans croiser personne ! On se demande pourquoi, d’ailleurs, alors que les paysages sont agréables et les sentiers correctement balisés. Mais soit, ça me convient bien, et puisque les sentiers étaient tout à nous, on en a profité pour user les chaussures de marche ! Matyas, 7 ans, a vaillamment résisté à la chaleur, au sens de l’orientation approximatif de son père, au deux jours de pluie, aux « petites bêtes » omniprésentes. C’est d’ailleurs un autre aspect positif des vacances low cost : plutôt que de nager dans le luxe, on sort un peu de sa zone de confort, et l’on se rend compte au retour dans quel nid douillet on vit chez soi… tout en sachant que s’il fallait, on pourrait s’en déshabituer.

Eliska a d’ailleurs fait la même expérience à son camp scout. Malgré quelques moments de baisse de régime (deux semaines sans papa et maman, c’est long !), elle en est revenue enchantée, transformée, déprincessisée par la vie au grand air, en communauté, et dans des conditions d’hygiène parfois limite. Après toutes ces expériences, le séjour à l’auberge de jeunesse de Bouillon, début août, leur a donné à tous les deux l’impression de dormir dans un hôtel étoilé : logement en dur, sanitaires de l’autre côté du couloir et toujours propres, buffet de petit-déjeuner bien fourni… Pour tout avouer, papa était déçu qu’on ne fasse plus sa vaisselle, dans les auberges de jeunesse !

Tout ceci pour dire quoi, à part que mes enfants ont beau être privilégiés, ce ne sont pas pour autant de sales gosses de riches ? Eh bien, que la recette de vacances réussies est simple et dépend finalement peu de la destination. Ce qui nous faut à toutes et tous pendant les vacances, c’est changer d’air, prendre l’air surtout, se baigner de nature et fuir le béton (même celui de la Costa del Sol), éviter de se stresser à faire de longs trajets, ou prendre tout le temps nécessaire pour les faire s’ils sont longs quand même. Un moyen de déplacement lent (le vélo, la marche), un logement et un mode de vie simples, tous ces choix permettent de ré-établir le contact avec nous-mêmes, avec nos compagnons de voyage, avec notre environnement, avec les personnes que nous rencontrons chemin faisant… Ce n’est sans doute que ça, finalement, les vacances, en tout cas celles de l’intellectuel citadin : se ressourcer au contact d’une forme de « vraie vie » qui nous manque tellement au quotidien.

Et vous, la prochaine fois, vous voudriez partir où ?

1 commentaire:

  1. pour ma part je ne pars plus - prendre l'avion me dérange profondément, pas l'avion en soi, mais l'aéroport - le train est une solution que je préfère de toute façon - mais comme j'aime vivre bien à bruxelles (expos, livres, petits restos, ciné, théâtre - tout cela a un coup et je préfère y consacrer mon budget tout au long de l'année) - partir même sans exagérer exige un budget que je n'ai pas envie de dépenser en une fois - évidemment je n'ai plus d'enfants en âge de camping :-)
    mais je trouve ta manière de voir les choses avec les tiens bien intéressantes et merveilleuses pour eux

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