Mes vacances sont terminées, ce qui prouve bien que je les
ai prises ! (private joke dont le
destinataire se reconnaîtra…)
Après avoir roulé ma bosse sur les routes de France et les
chemins de fers de Russie, j’ai décidé de rester au pays, et je ne le regrette
pas, puisque j’y ai passé de bien belges vacances (maintenant, j’arrête les
blagues idiotes, c’est promis !)
Plus sérieusement, dans la perspective de déconsommation et
de sobriété énergétique qui m’occupe, je considère évidemment que chacun a tout
intérêt, pour lui-même et pour la collectivité, à redécouvrir son pré carré,
son petit bout de planète personnel. En Belgique, si l’on reste dans une
perspective nationale, ce mouchoir de poche fait 30.000 km², avec une densité
moyenne de population affolante de 300 habitants/ km² et une météo qui a
mauvaise réputation. Pas de quoi attirer des foules de touristes, on en
conviendra ! Et pourtant…
Et pourtant, avec un peu de bonne volonté et de capacité à
s’émerveiller, on ne se lasse pas de le redécouvrir, ce mouchoir de poche.
Alors, bien sûr, il y a des endroits à éviter si l’on cherche le calme :
les grosses stations côtières pendant les longs week-ends estivaux, la place de
Durbuy lors des premiers beaux jours où les motards sont de sortie, Bruges…
quasi toute l’année. Mais il y a aussi moyen de se sentir presque seul dans ce
pays surpeuplé ! Cette quasi-solitude, j’en ai bien profité pendant toute
une semaine de camping avec Matyas pendant qu’Eliska était à son camp scout.
J’avais trouvé le camp par
hasard en cherchant sur internet… selon je ne sais plus quel critère. Situé à
l’extrême sud des cantons de l’est, à un jet de pierre des frontières allemande
et luxembourgeoise, ledit camp est bien entendu tenu par des… Néerlandais. Oui,
il est pour une bonne partie envahi de caravanes résidentielles trop serrées
les unes contre les autres. Mais au-delà de cette zone se trouve une autre,
éloignée, sans raccordement au courant, et sans parcelle prédéfinie. Prix pour
six nuits : 120 euros (deux personnes, une tente, une voiture). Espace de
terrain occupé pour ce prix : 500m² à vue de nez. Dans cette vaste vallée
ombragée, les voisins se respectent mutuellement, et le seul « tapage
nocturne » dont j’ai eu à me plaindre est le ballet gazouillant des
oiseaux au petit matin, quand la fraîcheur se fait sentir et réveille le
campeur.
Sur les sentiers de randonnée de ce coin perdu entre Fagnes
et Ardenne, les promeneurs ne se bousculent pas non plus. Pour tout dire, on
peut marcher une heure, voire plus, sans croiser personne ! On se demande
pourquoi, d’ailleurs, alors que les paysages sont agréables et les sentiers
correctement balisés. Mais soit, ça me convient bien, et puisque les sentiers
étaient tout à nous, on en a profité pour user les chaussures de marche !
Matyas, 7 ans, a vaillamment résisté à la chaleur, au sens de l’orientation
approximatif de son père, au deux jours de pluie, aux « petites bêtes »
omniprésentes. C’est d’ailleurs un autre aspect positif des vacances low cost : plutôt que de nager dans
le luxe, on sort un peu de sa zone de confort, et l’on se rend compte au retour
dans quel nid douillet on vit chez soi… tout en sachant que s’il fallait, on
pourrait s’en déshabituer.
Eliska a d’ailleurs fait la même expérience à son camp
scout. Malgré quelques moments de baisse de régime (deux semaines sans papa et
maman, c’est long !), elle en est revenue enchantée, transformée, déprincessisée par la vie au grand air,
en communauté, et dans des conditions d’hygiène parfois limite. Après toutes
ces expériences, le séjour à l’auberge de jeunesse de Bouillon, début août,
leur a donné à tous les deux l’impression de dormir dans un hôtel étoilé :
logement en dur, sanitaires de l’autre côté du couloir et toujours propres,
buffet de petit-déjeuner bien fourni… Pour tout avouer, papa était déçu qu’on
ne fasse plus sa vaisselle, dans les auberges de jeunesse !
Tout ceci pour dire quoi, à part que mes enfants ont beau
être privilégiés, ce ne sont pas pour autant de sales gosses de riches ? Eh
bien, que la recette de vacances réussies est simple et dépend finalement peu
de la destination. Ce qui nous faut à toutes et tous pendant les vacances,
c’est changer d’air, prendre l’air surtout, se baigner de nature et fuir le
béton (même celui de la Costa del Sol), éviter de se stresser à faire de longs
trajets, ou prendre tout le temps nécessaire pour les faire s’ils sont longs
quand même. Un moyen de déplacement lent (le vélo, la marche), un logement et
un mode de vie simples, tous ces choix permettent de ré-établir le contact avec
nous-mêmes, avec nos compagnons de voyage, avec notre environnement, avec les
personnes que nous rencontrons chemin faisant… Ce n’est sans doute que ça, finalement,
les vacances, en tout cas celles de l’intellectuel citadin : se ressourcer
au contact d’une forme de « vraie vie » qui nous manque tellement au
quotidien.
Et vous, la prochaine fois, vous voudriez partir où ?
pour ma part je ne pars plus - prendre l'avion me dérange profondément, pas l'avion en soi, mais l'aéroport - le train est une solution que je préfère de toute façon - mais comme j'aime vivre bien à bruxelles (expos, livres, petits restos, ciné, théâtre - tout cela a un coup et je préfère y consacrer mon budget tout au long de l'année) - partir même sans exagérer exige un budget que je n'ai pas envie de dépenser en une fois - évidemment je n'ai plus d'enfants en âge de camping :-)
RépondreSupprimermais je trouve ta manière de voir les choses avec les tiens bien intéressantes et merveilleuses pour eux