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mardi 12 mars 2019

Bio = Bobo ?


Voilà deux mois déjà que je boude les supermarchés au profit des marchés et épiceries bio, qui constituent le pilier central (mais pas unique) de ma transition alimentaire. Il est donc temps de tirer un premier bilan, aussi bien pour mes habitudes, que pour mon portefeuille et ma petite santé.

J’aurais aimé pouvoir vous dresser un portrait détaillé des enseignes bio de Bruxelles, mais je n’ai pas eu le temps de les visiter toutes, loin de là, et sans doute que la partie non-bruxelloise de mon lectorat ne s’en plaindra pas. Et par ailleurs, si un guide exhaustif en intéresse certain.e.s, sachez qu’il existe, ou plutôt qu’il est en cours de rédaction.

En ce qui me concerne, c’est surtout la proximité qui est déterminante dans le choix des magasins que je fréquente. Logique : quand on est sans voiture, les courses en gros, c’est fini ! Quant au caddie, je n’ai pu me le procurer que tout récemment, et je ne l’ai pas encore inauguré.

Le premier de mes nouveaux lieux de perdition est le Färm à 500 mètres de chez moi, et son petit frère à 100 mètres du travail. Avec un total de sept magasins à Bruxelles, la coopérative Färm est d’ailleurs l’un des incontournables de la capitale en matière de bio. Au rayon des avantages, le vaste choix de produits est le premier qui vient à l’esprit. Au-delà des classiques fruits et légumes et des produits secs en vrac, on trouve énormément de produits d’épicerie (fromages, conserves, biscuits, thé, café), de nombreuses boissons dont un impressionnant assortiment de bières belges, de la viande, des produits d’hygiène et d’entretien. Parmi les initiatives sympathiques, je noterais le système de points de fidélité et la possibilité de recevoir son ticket de caisse par mail (à ne pas conserver 107 ans dans sa boîte, ou ça pollue plus que la souche papier !) En revanche, les prix sont parfois peu démocratiques, si bien que ce n’est pas le genre d’endroit où l’on peut faire ses courses à l’aveuglette, sous peine d’avoir une mauvaise surprise à la sortie ! Cela dit, je ne me plains pas : payer plus pour de la bonne qualité, ça fait aussi partie de la transition écologique, et jamais je n’ai eu l’impression de me faire estamper. Simplement, il faut garder un œil sur les prix en faisant ses achats. Exemple de ticket de caisse en fin de publication !

Autre source d’approvisionnement assez régulière, le Barn Biomarket d’Etterbeek. Ici, l’ambiance est toute différente. Il s’agit d’un marché couvert où l’on ne trouvera que l’ essentiel. L’argument principal est le rapport qualité-prix. Oubliez les étiquettes, faites vos courses sereinement, et souriez au moment de payer l’addition. Les fruits et légumes toujours ultra-frais donnent envie d’une débauche vegan, le pain est à tomber en pamoison tellement il est bon, et le rayon vrac est suffisant pour faire le bonheur de tous. On s’accommode donc bien du choix limité de boissons et des quelques petits frigos modestement alignés dans un coin. Cerise sur le gâteau : même en cas de coup de feu, comme ça arrive si souvent le week-end, les caisses sont d’une rapidité impressionnante : alors que vous vous voyiez partis pour une attente d’une demi-heure, vous êtes dehors 10 minutes plus tard ! Bref, une adresse qui vaut le détour, c’est-à-dire en ce qui me concerne, 40 minutes de marche aller-retour. Un de ces jours, il faudra que j’y passe avec un sac à dos plus grand que les 30 litres habituels… ou avec mon caddie. Pour info, un second marché a ouvert ses portes il y a peu à Saint-Gilles, et le célèbre marché de la rue des Tanneurs, dans les Marolles, est du même acabit.

Mais alors, vais-je pour autant renoncer définitivement aux supermarchés, après ce mois de février où je n’y ai pas mis les pieds ? Non, je suis retourné récemment au Delhaize de mon quartier, à deux pas de chez moi. L’assortiment bio y est plus que satisfaisant, et si c’est pour acheter des produits qui sont de toute façon emballés et d’origine belge ou proche (pâtes fraîches, beurre, fromage râpé, charcuterie de volaille), pourquoi éviter à toute force le supermarché ? A ce sujet, d’ailleurs, si les grandes chaînes veulent continuer à attirer des clients écoresponsables de plus en plus critiques, il va falloir qu’elles s’adaptent. Delhaize a connu deux flops il y a peu, d’une part avec sa campagne Lego, d’autre part avec sa promotion des fruits auprès des enfants. Des fruits tout sauf de saison… Une bonne nouvelle, donc : le contrôle citoyen est de plus en plus courant, et les réseaux sociaux, bien utilisés, jouent ici un rôle moteur.

Si l’on met cette pression citoyenne sur la grande distribution en parallèle avec les 10 propositions d’Ecolo, dont le tout bio en 2030, on se dit que les supermarchés ont intérêt à agir vite. Alors pourquoi pas, dans un premier temps, un espace bio avec son propre check-out dans chaque supermarché ? Voilà qui permettrait d’acheter des fruits et légumes bio PAS suremballés, alors qu’ils le sont actuellement pour les différencier des non-bio. Et je ne sais pas vous, mais moi le concombre tout serré dans son préservatif en plastique, il ne m’attire pas tant que ça !

Avec tout ça, j’en oubliais l’essentiel : pourquoi le bio ? C’est juste un effet de mode ? C’est un nouveau dogme ? Non, vraiment pas ! Pour commencer, faites l’essai d’acheter et de cuisiner une courgette bio et une « chimique », ou de cuire un œuf bio et un autre, ou encore de vous faire une tartine au miel bio… ou pas, et vous m’en direz des nouvelles ! Ensuite, les études se poursuivent pour déterminer l’influence d’une alimentation bio sur la santé, mais même si les résultats actuels doivent encore être affinés, il semble bel et bien qu’il y ait un effet positif. De toute façon, ne fût-ce que pour éviter cette merde de glyphosate, ça vaut bien la peine ! A propos, si on terminait par une touche d’humour grinçant pour rappeler tous les bienfaits de l’agriculture industrielle ?

A la semaine prochaine !

Un petit ticket de caisse de chez Färm :

Welcome to your färm!                  
Your Belgian cooperative, sustainable  
healthy and tasty shop                 
----------------------------------------
Ticket 0000P00301000004026
Employ Hankar 001      Trans:       4032
Date:  09/03/19 17:07                  
----------------------------------------

Description                   Montant  
----------------------------------------
CRACOTTE MULTI CEREA pcs         2,99  B
WIENERS 150G PILIFS pcs          3,45  B
CHIPS SEL MARIN 125G pcs         1,89  B
EMMENTAL RAPE 200G O pcs         2,99  B
CONCOMBRE  PC pcs                1,35  B
PAPIER TOILETTE 3 CO 6 pcs       3,29  D
BIERE BIOLEGERE 250M pcs         0,99  D
->VIDANGE 0.10 € pcs             0,10  A
CRISPEANUTS PAPRIKA                    
   0,154kg X  14,90/kg           2,29  B
GRAINES POTIRON VRAC                   
   0,200kg X  18,00/kg           3,60  B
FROMENT BLC LEVURE 4 pcs         2,25  B
----------------------------------------
Total                           25,19  
Cards                          -25,19  
  Bancontact                           
----------------------------------------
Nombre d'articles               9,354
----------------------------------------
   TVA%   Mont.Net        TVA    Montant
B     6      19,63       1,18      20,81
D    21       3,54       0,74       4,28
A     0       0,10       0,00       0,10
----------------------------------------
Nom : franckx nicolas

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Carte Membre S003MA00448
Membre S003MA00448
Points Emis: 250,9
Points Utilisés: 0
Solde Points: 4.532,4
----------------------------------------
                                       
We hope you enjoyed your visit         
Thanks and have a NICE day :-)         
Open from Monday to Saturday           
9.30am to 7.30pm                       
Closed on Sunday                       
Chaussée de Wavre , 1080               
1160 Auderghem                      


2 commentaires:

  1. Croire aux préoccupations environnementales des supermarchés serait évidemment d'une grande naïveté, mais croire en leur sens du commerce oui. Et c'est par ce biais là qu'ils sont attentifs au discours ambiant et font évoluer leur pratique. Dans le "Leclerc" que je fréquentais avant de déménager, j'avais noté une nette augmentation des rayons de production locale ou régionale ainsi que du rayon bio. Dans la même logique, en cherchant un jour pour mes petits enfants un paquets de ces céréales du petit dej tant décriées, j'ai constaté que le rayon avait diminué de moitié !
    D'après quelques industriels de l'agro alimentaire qu'il m'arrive de croiser dans ma vie associative, Leclerc est un des plus durs en affaires dans la grande distribution mais pour faire des affaires justement, il faut savoir composer et je suppose (et j'espère) que les petits producteurs locaux qui placent leurs produits là y trouvent leur compte, ne serait ce que par la progression de leur production.
    Après avoir déménagé, j'ai dû changer d'enseigne pour le réseau "U" que je fréquente beaucoup moins vu qu'il me faut faire 45km pour y aller. Ça nous oblige à grouper et programmer nos déplacements ce qui ne manque pas d'intérêt. D'après les mêmes industriels, leur centrale d'achat est nettement plus convenable vis à vis des producteurs, donc une grande enseigne (à peu près) responsable, ça existe, oui. Et ça se voit dans le magasin car les productions locales y sont beaucoup plus développées et variées. Et pour l'anecdote, les caissières sont en nombre suffisant et le passage est rapide.
    Et je ne suis même pas sûre que les prix soient beaucoup plus élevés si on lisse tous les achats.
    Je fais le reste de mes courses dans les épiceries des villages voisins ou chez des producteurs, mais évidemment on n'y trouve pas tout.
    Bien amicalement.

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  2. Bonjour, fidèle lectrice !

    Mes excuses les plus confuses, je n'ai pas d'alerte aux commentaires, et je n'avais pas vu ta réaction à la publication d'il y a deux semaines.

    En effet, les enseignes de grande distribution ne sont pas mues par des objectifs philanthropiques. Une solution pour les faire changer peu à peu d'habitude est d'exprimer clairement des demandes de consommacteurs (j'aime ce néologisme). Mais une autre plus efficace encore serait que des coopératives locales respectueuses des producteurs et de l'environnement s'associent à grande échelle pour faire de la "grande distribution autrement". Ce qui revient à prendre le problème à l'envers : des individus bien intentionnés se lancent dans une activité commerciale... mais sans avoir le profit immédiat comme seul objectif. C'est toute l'idée derrière notre coopérative bancaire belge en devenir : NewB, idée qui est applicable à de nombreux secteurs de l'économie. Reste à trouver assez de bonnes âmes pour faire tourner tout ça...

    A bientôt !

    Nicolas

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