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mercredi 10 avril 2019

Longueurs d’ondes


Vous dormez mal, vous avez des difficultés à vous concentrer, vous êtes irritable ? Vous souffrez de vertiges, vous avez des bourdonnements dans la tête, vous faites parfois de l'arythmie cardiaque ?

Alors oui, bien sûr, notre mode de vie moderne nous presse comme des citrons : villes toujours plus polluées, trajets stressants, pression constante au travail, fond sonore agressif et incessant…. Mais il y a peut-être plus encore, car l’une des sources de pollution les plus dangereuses est totalement invisible et encore mal connue du grand public : il s’agit des ondes électromagnétiques.

Ces ondes nous entourent (et nous traversent) en permanence, et j’irais même jusqu’à dire que nous sommes les premiers à râler lorsqu’elles font défaut. « Quoi, pas de wifi ici ? », ou « Pfff, je capte même pas la 4G dans ce bled ! ».  Or, ces stimulations sollicitent notre organisme en venant parasiter son propre champ électromagnétique, ce qui induit à la longue une fatigue se traduisant par les symptômes que je viens de décrire. De plus en plus de personne se découvrent électro-hypersensibles, et certains médecins se mettent à prendre cette pathologie très au sérieux. Mais comment devient-on électro-hypersensible ?

Notre "terrain" - la santé de notre corps - est mis à mal depuis l'ère industrielle par différents phénomènes :
1. La dégradation de notre environnement au sens large (pollutions de l'air, pollution agro-alimentaire, médicamenteuse, pollution de l'eau),
2. Notre absence de contact avec la terre (pieds nus sur un sol naturel), permettant de se "reconnecter", se "réancrer" la neutralisation des radicaux libres,
3. L'acquisition de tout une série d'éléments étrangers à notre corps servant à compenser son usure (matériaux et prothèses dentaires, auditives, articulaires, cardiaques, oculaires, contraceptives, etc) interférant avec les champs électrique et magnétique de notre corps, champs largement ignorés par la médecine occidentale, mais pourtant indispensable à la vie,

Le tout favorise les maladies inflammatoires chroniques (que ce soit des systèmes cardiaque, respiratoire, métabolique, nerveux, neuro-végétatif, articulaire, etc.), maladies elles-mêmes propices aux cancers.

La pollution électromagnétique (ondes artificielles, donc) est d'autant plus dangereuse qu'elle entre en résonance avec un " terrain malade" et non pas un corps en bonne santé. La fréquence des ondes (basse, moyenne, ou haute) et leur puissance ont leur importance ici, et ce sont surtout les ondes de très hautes fréquences et puissances qui révèlent et exacerbent nos maladies inflammatoires chroniques, faisant office d'ampli ultrapuissant qui en décuple les symptômes.


Pourquoi m’inquiéter de cela, soudain ? Tout d’abord parce que j’ai la chance d’avoir une amie de longue date, Marie, architecte (un coup de pub !), qui s’intéresse à cette problématique. Et elle est bien placée pour en parler, puisqu’elle est elle-même électro-hypersensible. Ensuite, parce que lorsque j’ai déménagé l’été dernier, Marie m’a proposé de venir faire des mesures des ondes électromagnétiques chez moi. Une visite hélas bien utile, car le résultat des mesures s’est révélé alarmant. Enfin, de certaines mesures. C’est surtout au niveau des ondes GSM que se trouve le problème dans mon cas. En clair, il doit y avoir une antenne relais pas très loin de chez moi, qui bombarde le quartier, mettant de facto tous ses habitants dans un four micro-onde (j’exagère à peine). Dans d'autres cas, les installations wifi, DECT (téléphone fixe sans fil) babyphones, et autres technologies sans fil installées chez vous sont parfois plus polluantes que les installations extérieures de téléphonie publique ! Et tout cela se mesure, fréquence par fréquence, avec des appareils adaptés.

Avant de passer aux solutions (il y en a), petit détour théorique. A Bruxelles, la norme d’exposition aux rayonnements des antennes émettrices est de 6 Volts/mètre en moyenne. Il y a quelques années, cette norme était encore de 3 Volts/mètre, comme c’est encore le cas actuellement en Wallonie. Et à titre de comparaison, à Vienne, cette norme est de 1 Volt/mètre, et de 0,061 V/m au Canton de Salzbourg, ce qui constitue la norme de la biologie de l'habitat. Il y a de la marge par rapport aux seuils de 41 à 61 V/m en France ! Alors, cela veut-il dire que le réseau GSM des Viennois est plus faible, et qu’ils ont du mal à s’y connecter ? Non, cela signifie en pratique qu’il y a à Vienne beaucoup de petites antennes dont le rayon d’émission est limité, alors qu’il y a à Bruxelles un plus petit nombre d’antennes, plus puissantes, « qui crachent » leurs ondes. Ainsi donc, les personnes se trouvant à proximité d’une antenne sont surexposées. Le principe de précaution aurait voulu qu’on installe plus d’antennes d’une puissance limitée. Mais c’est plus cher, et le profit immédiat règne trop souvent en maître sur notre monde… D’ailleurs, la diversité des normes malgré la recommandation européenne de 2 V/m extérieur tendant vers 1 V/m intérieur, montre bien que les seuils sont fixés « en concertation avec les opérateurs », c’est-à-dire sans tenir compte des recommandations de santé publique, du moment que c’est bon pour l’économie. Avec l’arrivée de la 5G, la norme bruxelloise devrait d’ailleurs passer de 6 V/m à 14,5 V/m ! Mais nous y reviendrons

La multiplication des antennes n'est cependant pas non plus la panacée quand on voit que nos sociétés sont incapables de limiter leurs ambitions de puissance. Cette multiplication d'antennes, c'est le choix technique qui a été opéré ces dernières années pour la 4G :
- afin de mieux couvrir les espaces intersticiels entre les circonférences de portée de chaque antenne, ce qui fait qu'un beaucoup plus grand pourcentage de la population réside désormais à proximité inquiétante d'une antenne-relais.
- afin de pouvoir répondre au nombre croissant d'utilisateurs, puisque chaque antenne ne peut accueillir qu'une quantité limitée d'appels simultanés.
- afin d'adapter le réseau aux nouvelles plages de fréquence, puisque chaque nouvelle technologie s'accompagne d'une augmentation des plages de fréquences achetées à prix d'or aux États par les opérateurs, et ce depuis l'avènement du mobile, 2G, 3G, 4G... or quand la fréquence augmente, la portée diminue, ce qui oblige la multiplication des antennes. Voilà pourquoi les ondes millimétriques et les puissances de la 5G, qui planent largement au-dessus de celles des radars militaires, nous promettent 1 antenne pour 10 à 12 maisons en ville!

Bref, assez parlé de théorie, que faire, donc, pour se protéger ? Commencez par éliminer vos propres sources de pollution : coupez votre wifi la nuit, ne gardez pas votre téléphone en poche toute la journée, ne téléphonez et ne surfez pas en voiture, passez-vous de four micro-onde. Malgré tout, il est évidemment difficile de se mettre à l’abri 24 heures sur 24, puisque nous sommes exposés tous azimuts en ville. Mais ce n’est pas parce que des ouvriers du bâtiment acceptent de travailler dans le bruit et le froid toute la journée qu’ils dormiraient dans les mêmes conditions. Il en va de même avec les ondes : votre corps a besoin de souffler au moins pendant sa phase de repos. L’essentiel est donc d’isoler votre chambre à coucher. Les solutions sont multiples, mais toutes visent à créer une cage de Faraday, que ce soit en peignant les murs avec une peinture au carbone raccordée à la terre, en plaçant votre lit sous une moustiquaire en fils d’argents, en doublant vos tentures de feuilles d’aluminium, ou quoi que ce soit d’autre qui puisse fonctionner ! Attention, certaines contre-mesures ne fonctionnent pas, comme mes stores vénitiens en lamelles d’aluminium. Je ne les regrette pas : ils étaient bon marché et faciles à poser, et j’en avais marre d’avoir des fenêtres « toutes nues ». Mais pour les ondes, le léger interstice et le « rebond » entre les lamelles fait que l’effet escompté n’est pas obtenu.

C’est dans la chambre de mes enfants que le résultat est le plus convaincant (tentures doublées, toit de lit, feuilles d’alu aux murs, etc., et c’est tant mieux, car l’effet des ondes est selon toute vraisemblance plus néfaste encore sur les organismes plus petits et en cours de développement. Pourquoi « selon toute vraisemblance » ? Parce que les conclusions d’études qui déplaisent aux industriels sont trop souvent mises sous le tapis, rangées dans un tiroir, ou jetées aux oubliettes…

Par ailleurs, toute cette histoire a fait étrangement écho à un texte que j’ai traduit avec mes étudiants en traduction spécialisée. Moi qui essaye de recycler, réparer, consommer moins, voilà que je me suis retrouvé à acheter pour des centaines d’euros de matériel parfois sur-emballé, parce que la société dans laquelle je vis « oublie » de protéger ses membres… ou tire un profit économique des mesures de protection prises au niveau individuel. Extrait choisi (je vous fais grâce de la version russe ) :

« Du point de vue du pauvre bon sens naïf, il est nécessaire de prévenir la pollution à la source. Telle est l'approche sociale de l'écologie, qui met tous les citoyens sur un pied d'égalité (…) Toutefois, selon l’approche commerciale, il est avantageux pour les fabricants et le marché d'éliminer les polluants des lieux où se trouvent les consommateurs, en utilisant des moyens de protection de plus en plus sophistiqués qui deviennent rapidement obsolètes à cause des progrès technologiques. (…) De plus, les différentes couches de la population luttent avec des moyens inégaux pour se protéger des agressions de la pollution, ce qui contribue à la stratification de la société. »

Eh oui, quelle satisfaction amère de me dire que je me suis un peu protégé, mais à mes frais, en faisant tourner la machine productiviste, en me disant que d’autres n’ont pas ce luxe, et que de toute façon ce n’est que partie remise, avant de me faire rattraper par le « progrès ».

A propos, avant de nos quitter, parlons encore de la 5G. Que nous promet cette merveille de technologie sans laquelle nous avons très bien vécu jusqu’ici et qui ne fera rien pour la croissance économique (laquelle est de toute façon mortifère) ? Par ce nouveau réseau puissant et omniprésent, l’internet des objets pourra se développer à sa juste mesure : compteurs d’eau, gaz et électricité connectés, pilotage de véhicules autonomes, internet à très haut débit. C’est vrai qu’on en rêve, de ce monde encore plus déshumanisé, technologisé… mais la contrepartie de cet univers de science-fiction, ce sont des ondes, elles aussi puissantes et omniprésentes, et pulsées, de plus ! L’idée est qu’il ne reste plus de « zone blanche », avec même des émissions depuis l’espace ! Pour les besoins de la cause, la norme bruxelloise devrait donc passer de 6 V/m à 14,5 V/m. Heureusement, la mobilisation citoyenne a été telle que la région bruxelloise, la première à devoir accueillir cette nouvelle technologie en Belgique, semble maintenant faire machine arrière. Ce qui n’empêchera pas d’autres pays et villes (ou Elon Musk en ce qui concerne la 5G spatiale) de faire des essais… suffisamment dramatiques, j’espère, pour que le projet soit enterré (et pas nous !) malgré les centaines de milliards déjà investis. Pour information, les essais terrestres ont jusqu'ici provoqué l'hécatombe de centaines d'étourneaux, tombés raides morts en plein vol par centaines aux Pays-Bas ou en Italie... Mais dormez tranquilles, tout va bien...

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