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vendredi 8 février 2019

Histoires d’eau


Quand j’étais ado, je refaisais le monde sous la douche. Aujourd’hui, j’essaye de sauver le monde en écourtant mes douches…

Cette semaine, donc, parlons d’eau ! En Belgique, ce n’est pas ce qui manque, elle nous tombe du ciel sur la figure à jet continu pendant de longs mois de l’année, et elle dégouline sur les vitres de ma fenêtre de cuisine en cet instant même. Mais il y a aussi ces longues semaines d’été où la pluie se fait attendre. Et puis, ce n’est pas parce qu’on a de l’eau en relative abondance qu’elle est forcément potabilisée sans effort.

Commençons donc au niveau « micro ». J’ai déménagé début juillet, et je suis allé vérifier mon compteur d’eau début janvier, soit six mois plus tard. En soustrayant un mois d’absence estivale et en considérant que mon ménage compte deux personnes (deux enfants à mi-temps), mes 32 mètres cubes représentent en fait 105 litres d’eau par jour et par personne. Un mauvais départ, étant donné que le Bruxellois moyen en consomme 95 litres par jour et par personne (chiffre trouvé ici, le site est intéressant). Il fallait donc passer à l’action, de préférence sur plusieurs fronts à la fois.

-       Les douches sont réduites à six minutes au maximum, et c’est un sablier de trois minutes qui fait office de chronomètre. C’est sympa, « low-tech », et ça ne craint pas l’humidité ! Les enfants sont le plus souvent douchés à deux, et pour ma part, j’essaye de faire encore mieux que le sablier. L’étape suivante serait de se contenter un matin sur deux d’une douche du visage d’une minute et d’un passage sur mon bidet. Après tout, ce superbe bidet en faïencerie vieux rose, le monde entier me l’envie, alors autant qu’il serve à quelque chose !

-       Les chasses d’eau sont mutualisées quand les enfants sont là, une bouteille dans le réservoir permet de réduire chaque utilisation d’un litre quand est venu le moment de « la grande commission ». Huit litres au lieu de neuf, ça suffit d’ailleurs amplement, merci ! Il faut tout de même rester attentif, car le joint coule régulièrement. Or, comme c’est du matériel qui a de nombreuses heures de vol, un détartrage risque de faire plus de tort que de bien. Et racheter du neuf m’ennuierait, ça signifie jeter l’ancien, et on jette déjà assez de choses comme ça.

-       La lessive se fait maintenant avec des noix de lavage saponifères (merci, Dieter !) et de l’adoucissant maison (eau, bicarbonate, vinaigre, huile essentielle de lavande). Depuis, plus besoin de faire un rinçage supplémentaire, qui me semblait incontournable avec ma poudre habituelle, sans quoi l’odeur, assez agressive, persistait. Et pourtant, ladite poudre à lessiver est LA grande marque « douce et hypoallergénique ». A terme, je compte d’ailleurs essayer d’autres lessives écologiques : savon noir et savon de Marseille, lessive à base de cendres, et plus si affinités.

Le but de toute cette opération est de réduire la consommation d’environ 20%, pour arriver aux alentours des 85 litres. Si j’arrive à espacer mes douches matinales, ça pourrait facilement tomber encore plus bas. Mais jusque-là, j’avoue que je me suis juste contenté d’y penser très fort… Si vous avez d’autres suggestions encore, n’hésitez pas à me laisser un petit commentaire.

Outre la consommation, il y aussi le problème des eaux usées. En dehors du fait qu’en ville, on continue à utiliser 30% de l’eau potable pour tirer la chasse (c’est ubuesque !), il faudrait à terme passer à des produits moins nocifs aussi bien à salle de bain qu’à la cuisine et pour l’entretien des toilettes. Tout cela est « work in progress », avec entre autres du savon noir, des huiles lavantes végétales, du savon de coco, etc. Bref, tout ce qui n’est pas du détergent, puisque ce dernier est un dérivé du pétrole. Mais il y aura plus tard une publication spécifique sur le sujet.

Enfin, l’eau, on devrait surtout ne pas oublier d’en boire un maximum. De préférence, celle qui coule du robinet, si nécessaire passée au travers d’un filtre (Brita ou autre). De ce côté, je suis plutôt bon élève, puisque je ne bois pas de sodas, peu de jus de fruits, et que ma consommation d’alcool est en diminution. Parce que oui, bien sûr, pour produire un litre de coca, de jus de pomme, de bière, ou de vin, il faut bien plus qu’un litre d’eau. Et il faut entre autres de l’eau encore pour produire les bouteilles en verre ou en plastique dans lesquelles ont nous vend tout ça. Bref, à moins qu’elle soit imbuvable (au propre comme au figuré), il faudrait pour s’hydrater boire à 90% de l’eau du robinet, point final.

Pour ouvrir un peu plus le débat sur le niveau « macro », je ne saurais que trop vous conseiller le DataGueule suivant sur mon thème du jour. J’aime bien cette chaîne : pertinente, percutante… et en plus, les spécialistes interrogées sont le plus souvent des femmes. On se demande, après avoir regardé un mini-documentaire comme celui-là, si cette civilisation pourrie jusqu’à l’os va encore tenir assez longtemps pour qu’on nous privatise l’air, après l’eau. Personnellement, ça ne m’étonnerait pas…

Mais comme il y a tout de même plus de chances que tout ça se termine avant qu’on nous vende notre air, posons-nous plutôt une autre question : le jour où le robinet est à sec, on fait quoi ? En ville, on est mal barrés, mais rien n’empêche, pour commencer, d’essayer quand même de bricoler un système de collecte de l’eau de pluie. Même si on vit en appartement, et même si ledit système ne doit servir dans un premier temps qu’à être démonté, dans une armoire, en attendant des jours bien pires.

L’idéal, pour viser à l’autonomie, est bien entendu de vivre à la campagne, et de faire de l’eau de pluie son UNIQUE ressource. Impossible ? Non, de plus en plus de personnes font cette démarche, et les maîtres en la matière sont un couple de Français qui vivent dans une maison autonome depuis une quarantaine d’années. Leur consommation par personne et par jour est de 20 litres. Évidemment, leur mode de vie est sobre, et leur eau est souvent utilisées plusieurs fois, pour différents usages. Les explications sont ici, et si vous vouliez regarder les 3 autres parties de ce reportage, n’hésitez pas, mais j’y reviendrai de toute façon.

Avant de se quitter, un petit update sur différentes choses.

-       Comme promis (à moi-même), j’ai mis en route mon cycle de 17 ordres permanents pour terminer de régler la dette carbone de mes voyages en avion. Après quelques recherches infructueuses, j’ai finalement opté pour la simplicité, c’est-à-dire pour des organisations avec une branche et un numéro de compte en Belgique !

-       Je relève avec grand plaisir le défi de « février sans supermarché ». Pas trop difficile, je dois dire, je n’y allais déjà plus beaucoup en janvier non plus. Ceci me permet de continuer à faire le tour des épiceries bio, dont je vous proposerai bientôt un comparatif.

-       Cette semaine, petite victoire locale : l’ULB a annoncé son soutien officiel aux marches pour le climat qui réunissent les étudiants belges tous les jeudis. La semaine prochaine, je battrai donc le pavé avec cette jeunesse enthousiaste !

Là-dessus, vous prendrez bien un petit verre d’eau pour la route ? Celui-ci vous est offert par Axel Lattuada, de « Et tout le monde s’en fout ».

A la semaine prochaine !

4 commentaires:

  1. Cher ami, au Japon le lave-mains est intégré au réservoir du wc, tu rinces donc la cuvette avec de l’eau « usagée ». Toujours pas envie d’un nouveau réservoir ? En fouillant le net, tu pourras en trouver. Il existe des pommes de douches économiques (invention japonaise - mais qu’ai-je donc avec ce Japon ? - J’attends de pied ferme le commentaire sur les baleines), percées en leur centre et permettant une économie d’eau d’environ 30%. Disponibles chez nous, elles aussi...

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    1. Cher ami... tout d'abord, mes excuses pour ma réponse tardive : en cette période de Saint-Valentin et de visite de ma chère et tendre, je suis encore plus occupé que d'habitude.
      Non, je n'allais même pas te parler des pauvres baleines mises à mort par les méchants japonais. Par contre, oui, tous les trucs et astuces venant du Japon m'intéressent. Un peuple obligé de se concentrer sur une toute petite partie de son territoire, qui sait que ses ressources sont limitées, et dont la morale traditionnelle encourage plutôt la sobriété, ça ne peut qu'être une source d'inspiration utile. Je songerai donc au lave-main intégré... pour mon prochain logement. Ici, en location, pas envie de m'ennuyer avec ça. Un pommeau de douche, par contre, ça se monte et ça se démonte plus facilement. Donc, je suis preneur si tu as des tuyaux (!), des conseils, des liens, etc.
      A un de ces jours !

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  2. Tu m'as ouvert des horizons. Ce matin j'ai eu la curiosité de chronométrer ma douche à l'aide du sablier des oeufs durs, cadeau de retour d'une classe de neige il y a bien longtemps !
    Je sors grandie de l'épreuve. Entre 4 et 5 minutes dont il faut retrancher le temps que l'eau chaude arrive à l'étage et le temps de savonnage où j'arrête l'eau.
    Mais je te rejoins plus encore sur un autre sujet. Outre la quantité d'eau qu'on utilise, ce sont les produits qu'on balance dedans qui font la différence. Je me savonne depuis longtemps au savon d'Alep, mais je viens de découvrir des produits artisanaux sous forme solide, savon, shampoing etc... qui ont en plus l'avantage de supprimer les emballages.
    Si je suis plus sensible à cet aspect c'est que l'eau chez moi coule en permanence puisqu'elle vient d'une source. Donc le plus important est de la restituer le moins sale possible, pour la nature d'abord et pour la bonne marche de notre assainissement ensuite qui est bien sûr individuel.
    J'ai tenté les noix de lavage mais je ne dois pas savoir m'en servir correctement, j'ai eu des débris partout dans mon linge et si tu as des conseils, je suis preneur. Ceci dit je lave depuis longtemps au savon en paillettes, JLdT ayant une certaine propension à l'eczéma.
    Côté toilettes je trouve géniale la proposition de Paul S je vais regarder sur l'internet, mais je pense aussi dans ton cas que changer la cuve ne serait pas forcément une mauvaise affaire, chasse plus moderne à deux vitesses et moindre capacité, sachant que la faïence n'est pas ce qui se recycle le plus mal.
    La question du renouvellement du matériel est une vraie question mais pour en revenir à la douche, depuis que nous avons changé nos robinets pour des mitigeurs, nous dépensons nettement moins d'eau puisque le réglage se fait tout seul et qu'on peut tout arrêter le temps de se savonner sans risquer de se retrouver avec de l'eau brûlante et les yeux pleins de savon !
    Après, sur ce coup là j'ai conscience d'être privilégiée, même si ma source n'est pas agréée comme eau potable (trop acide et déminéralisée), elle a un petit gout de tourbe que j'adore au point que j'emporte ma bouteille quand je me déplace. Sans parler du linge qui, en l'absence totale de calcaire, est plus blanc que blanc.
    Bien amicalement.

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  3. Bonjour Mana !
    Quel plaisir de te de te lire, il y avait un moment ! De l'eau de source chez soi, c'est un rêve, et si je pouvais un jour avoir cette chance, je promets de ne pas en abuser ! Comme je viens de le répondre à Paul, je pense en effet que je pourrais changer de pommeau de douche sans complication aucune. Pour le réservoir de la chasse, il est en plastique, et comme le bouton est un modèle à balancier dosable, je peux me contenter de faire couler un litre pour les petits pipis incolores...
    Pour éviter les débris de noix de lavage partout dans mon linge, je les mets dans un gant de toilette que je replie et que j'enroule d'un gros élastique bien costaud. Jusque là, ça tient le coup. Cela dit, rien n'est parfait, elles viennent d'Inde, et ne font sans doute pas le voyage à vélo.
    Quatre à cinq minutes tout compris pour une douche, c'est respectable, je vais encore devoir me discipliner pour arriver à faire aussi bien !
    Amicalement,
    Nicolas

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