Quand j’étais
ado, je refaisais le monde sous la douche. Aujourd’hui, j’essaye de sauver le
monde en écourtant mes douches…
Cette semaine,
donc, parlons d’eau ! En Belgique, ce n’est pas ce qui manque, elle nous
tombe du ciel sur la figure à jet continu pendant de longs mois de l’année, et
elle dégouline sur les vitres de ma fenêtre de cuisine en cet instant même. Mais
il y a aussi ces longues semaines d’été où la pluie se fait attendre. Et puis,
ce n’est pas parce qu’on a de l’eau en relative abondance qu’elle est forcément
potabilisée sans effort.
Commençons donc
au niveau « micro ». J’ai déménagé début juillet, et je suis allé vérifier
mon compteur d’eau début janvier, soit six mois plus tard. En soustrayant un mois
d’absence estivale et en considérant que mon ménage compte deux personnes (deux
enfants à mi-temps), mes 32 mètres cubes représentent en fait 105 litres d’eau
par jour et par personne. Un mauvais départ, étant donné que le Bruxellois
moyen en consomme 95 litres par jour et par personne (chiffre trouvé ici,
le site est intéressant). Il fallait donc passer à l’action, de préférence sur
plusieurs fronts à la fois.
-
Les
douches sont réduites à six minutes au maximum, et c’est un sablier de trois minutes
qui fait office de chronomètre. C’est sympa, « low-tech », et ça ne craint
pas l’humidité ! Les enfants sont le plus souvent douchés à deux, et pour ma
part, j’essaye de faire encore mieux que le sablier. L’étape suivante serait de
se contenter un matin sur deux d’une douche du visage d’une minute et d’un
passage sur mon bidet. Après tout, ce superbe bidet en faïencerie vieux rose, le
monde entier me l’envie, alors autant qu’il serve à quelque chose !
-
Les
chasses d’eau sont mutualisées quand les enfants sont là, une bouteille dans le
réservoir permet de réduire chaque utilisation d’un litre quand est venu le
moment de « la grande commission ». Huit litres au lieu de neuf, ça
suffit d’ailleurs amplement, merci ! Il faut tout de même rester attentif,
car le joint coule régulièrement. Or, comme c’est du matériel qui a de nombreuses
heures de vol, un détartrage risque de faire plus de tort que de bien. Et racheter
du neuf m’ennuierait, ça signifie jeter l’ancien, et on jette déjà assez de
choses comme ça.
-
La
lessive se fait maintenant avec des noix de lavage saponifères (merci, Dieter !)
et de l’adoucissant maison (eau, bicarbonate, vinaigre, huile essentielle de
lavande). Depuis, plus besoin de faire un rinçage supplémentaire, qui me semblait
incontournable avec ma poudre habituelle, sans quoi l’odeur, assez agressive,
persistait. Et pourtant, ladite poudre à lessiver est LA grande marque « douce
et hypoallergénique ». A terme, je compte d’ailleurs essayer d’autres lessives
écologiques : savon noir et savon de Marseille, lessive à base de cendres,
et plus si affinités.
Le but de toute
cette opération est de réduire la consommation d’environ 20%, pour arriver aux
alentours des 85 litres. Si j’arrive à espacer mes douches matinales, ça
pourrait facilement tomber encore plus bas. Mais jusque-là, j’avoue que je me
suis juste contenté d’y penser très fort… Si vous avez d’autres suggestions
encore, n’hésitez pas à me laisser un petit commentaire.
Outre la
consommation, il y aussi le problème des eaux usées. En dehors du fait qu’en
ville, on continue à utiliser 30% de l’eau potable pour tirer la chasse (c’est
ubuesque !), il faudrait à terme passer à des produits moins nocifs aussi
bien à salle de bain qu’à la cuisine et pour l’entretien des toilettes. Tout
cela est « work in progress », avec entre autres du savon noir, des
huiles lavantes végétales, du savon de coco, etc. Bref, tout ce qui n’est pas
du détergent, puisque ce dernier est un dérivé du pétrole. Mais il y aura plus
tard une publication spécifique sur le sujet.
Enfin, l’eau, on
devrait surtout ne pas oublier d’en boire un maximum. De préférence, celle qui
coule du robinet, si nécessaire passée au travers d’un filtre (Brita ou autre).
De ce côté, je suis plutôt bon élève, puisque je ne bois pas de sodas, peu de
jus de fruits, et que ma consommation d’alcool est en diminution. Parce que
oui, bien sûr, pour produire un litre de coca, de jus de pomme, de bière, ou de
vin, il faut bien plus qu’un litre d’eau. Et il faut entre autres de l’eau
encore pour produire les bouteilles en verre ou en plastique dans lesquelles
ont nous vend tout ça. Bref, à moins qu’elle soit imbuvable (au propre comme au
figuré), il faudrait pour s’hydrater boire à 90% de l’eau du robinet, point final.
Pour ouvrir un
peu plus le débat sur le niveau « macro », je ne saurais que trop
vous conseiller le DataGueule
suivant sur mon thème du jour. J’aime bien cette chaîne : pertinente, percutante…
et en plus, les spécialistes interrogées sont le plus souvent des femmes. On se
demande, après avoir regardé un mini-documentaire comme celui-là, si cette
civilisation pourrie jusqu’à l’os va encore tenir assez longtemps pour qu’on
nous privatise l’air, après l’eau. Personnellement, ça ne m’étonnerait pas…
Mais comme il y a
tout de même plus de chances que tout ça se termine avant qu’on nous vende notre
air, posons-nous plutôt une autre question : le jour où le robinet est à
sec, on fait quoi ? En ville, on est mal barrés, mais rien n’empêche, pour
commencer, d’essayer quand même de bricoler un système de collecte de l’eau de
pluie. Même si on vit en appartement, et même si ledit système ne doit servir dans
un premier temps qu’à être démonté, dans une armoire, en attendant des jours bien
pires.
L’idéal, pour viser
à l’autonomie, est bien entendu de vivre à la campagne, et de faire de l’eau de
pluie son UNIQUE ressource. Impossible ? Non, de plus en plus de personnes
font cette démarche, et les maîtres en la matière sont un couple de Français
qui vivent dans une maison autonome depuis une quarantaine d’années. Leur
consommation par personne et par jour est de 20 litres. Évidemment, leur mode
de vie est sobre, et leur eau est souvent utilisées plusieurs fois, pour différents
usages. Les explications sont ici, et si vous vouliez
regarder les 3 autres parties de ce reportage, n’hésitez pas, mais j’y
reviendrai de toute façon.
Avant de se
quitter, un petit update sur différentes choses.
-
Comme
promis (à moi-même), j’ai mis en route mon cycle de 17 ordres permanents pour
terminer de régler la dette carbone de mes voyages en avion. Après quelques
recherches infructueuses, j’ai finalement opté pour la simplicité, c’est-à-dire
pour des organisations avec une branche et un numéro de compte en Belgique !
-
Je relève
avec grand plaisir le défi de « février sans supermarché ». Pas trop
difficile, je dois dire, je n’y allais déjà plus beaucoup en janvier non plus.
Ceci me permet de continuer à faire le tour des épiceries bio, dont je vous proposerai
bientôt un comparatif.
-
Cette
semaine, petite victoire locale : l’ULB a annoncé son soutien officiel aux
marches pour le climat qui réunissent les étudiants belges tous les jeudis. La
semaine prochaine, je battrai donc le pavé avec cette jeunesse enthousiaste !
Là-dessus, vous prendrez bien un petit
verre d’eau pour la route ? Celui-ci vous est offert par Axel Lattuada,
de « Et tout le monde s’en fout ».
A la semaine prochaine !
Cher ami, au Japon le lave-mains est intégré au réservoir du wc, tu rinces donc la cuvette avec de l’eau « usagée ». Toujours pas envie d’un nouveau réservoir ? En fouillant le net, tu pourras en trouver. Il existe des pommes de douches économiques (invention japonaise - mais qu’ai-je donc avec ce Japon ? - J’attends de pied ferme le commentaire sur les baleines), percées en leur centre et permettant une économie d’eau d’environ 30%. Disponibles chez nous, elles aussi...
RépondreSupprimerCher ami... tout d'abord, mes excuses pour ma réponse tardive : en cette période de Saint-Valentin et de visite de ma chère et tendre, je suis encore plus occupé que d'habitude.
SupprimerNon, je n'allais même pas te parler des pauvres baleines mises à mort par les méchants japonais. Par contre, oui, tous les trucs et astuces venant du Japon m'intéressent. Un peuple obligé de se concentrer sur une toute petite partie de son territoire, qui sait que ses ressources sont limitées, et dont la morale traditionnelle encourage plutôt la sobriété, ça ne peut qu'être une source d'inspiration utile. Je songerai donc au lave-main intégré... pour mon prochain logement. Ici, en location, pas envie de m'ennuyer avec ça. Un pommeau de douche, par contre, ça se monte et ça se démonte plus facilement. Donc, je suis preneur si tu as des tuyaux (!), des conseils, des liens, etc.
A un de ces jours !
Tu m'as ouvert des horizons. Ce matin j'ai eu la curiosité de chronométrer ma douche à l'aide du sablier des oeufs durs, cadeau de retour d'une classe de neige il y a bien longtemps !
RépondreSupprimerJe sors grandie de l'épreuve. Entre 4 et 5 minutes dont il faut retrancher le temps que l'eau chaude arrive à l'étage et le temps de savonnage où j'arrête l'eau.
Mais je te rejoins plus encore sur un autre sujet. Outre la quantité d'eau qu'on utilise, ce sont les produits qu'on balance dedans qui font la différence. Je me savonne depuis longtemps au savon d'Alep, mais je viens de découvrir des produits artisanaux sous forme solide, savon, shampoing etc... qui ont en plus l'avantage de supprimer les emballages.
Si je suis plus sensible à cet aspect c'est que l'eau chez moi coule en permanence puisqu'elle vient d'une source. Donc le plus important est de la restituer le moins sale possible, pour la nature d'abord et pour la bonne marche de notre assainissement ensuite qui est bien sûr individuel.
J'ai tenté les noix de lavage mais je ne dois pas savoir m'en servir correctement, j'ai eu des débris partout dans mon linge et si tu as des conseils, je suis preneur. Ceci dit je lave depuis longtemps au savon en paillettes, JLdT ayant une certaine propension à l'eczéma.
Côté toilettes je trouve géniale la proposition de Paul S je vais regarder sur l'internet, mais je pense aussi dans ton cas que changer la cuve ne serait pas forcément une mauvaise affaire, chasse plus moderne à deux vitesses et moindre capacité, sachant que la faïence n'est pas ce qui se recycle le plus mal.
La question du renouvellement du matériel est une vraie question mais pour en revenir à la douche, depuis que nous avons changé nos robinets pour des mitigeurs, nous dépensons nettement moins d'eau puisque le réglage se fait tout seul et qu'on peut tout arrêter le temps de se savonner sans risquer de se retrouver avec de l'eau brûlante et les yeux pleins de savon !
Après, sur ce coup là j'ai conscience d'être privilégiée, même si ma source n'est pas agréée comme eau potable (trop acide et déminéralisée), elle a un petit gout de tourbe que j'adore au point que j'emporte ma bouteille quand je me déplace. Sans parler du linge qui, en l'absence totale de calcaire, est plus blanc que blanc.
Bien amicalement.
Bonjour Mana !
RépondreSupprimerQuel plaisir de te de te lire, il y avait un moment ! De l'eau de source chez soi, c'est un rêve, et si je pouvais un jour avoir cette chance, je promets de ne pas en abuser ! Comme je viens de le répondre à Paul, je pense en effet que je pourrais changer de pommeau de douche sans complication aucune. Pour le réservoir de la chasse, il est en plastique, et comme le bouton est un modèle à balancier dosable, je peux me contenter de faire couler un litre pour les petits pipis incolores...
Pour éviter les débris de noix de lavage partout dans mon linge, je les mets dans un gant de toilette que je replie et que j'enroule d'un gros élastique bien costaud. Jusque là, ça tient le coup. Cela dit, rien n'est parfait, elles viennent d'Inde, et ne font sans doute pas le voyage à vélo.
Quatre à cinq minutes tout compris pour une douche, c'est respectable, je vais encore devoir me discipliner pour arriver à faire aussi bien !
Amicalement,
Nicolas