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vendredi 18 janvier 2019

Alimentaire, mon cher Watson !

Après avoir parlé de transports pendant deux semaines, ouvrons cette fois-ci un autre grand chapitre de toute transition écologique : l’alimentation.

« Dis-moi ce que tu manges, je te dirai ce que tu es », aurait dit Brillat-Savarin, gastronome français. Le brave homme avait sans nul doute en tête des considérations de richesse et de classes sociales, mais la citation est encore plus vraie si on la considère sous l’angle de la santé : la qualité de chacune des cellules qui nous composent est forcément conditionnée par ce dont nous nous nourrissons. Et ça tombe fichtrement bien, parce qu’en plus d’être mauvaise pour notre santé, une alimentation riche et industrielle est tout aussi mauvaise pour l’environnement ! Alors, par où commence-t-on ? Les chantiers ne manquent pas et sont interconnectés, et je ne ferai donc que vous présenter le menu cette semaine, pour m’attarder ensuite sur chacune des « recettes » de ma transition alimentaire tout au long des mois qui viennent. Et oui, on finira même par parler (un peu) de transit intestinal. Réjouissez-vous, bonnes gens !

1 – Bioman (force verte !)
C’est inévitable, pour manger sainement, il faut passer au bio. Pourquoi ? Vous n’avez pas lu dans les journaux tout le mal que les scientifiques indépendants (non-payés par le monde de l’industrie) pensent des engrais, des pesticides, des antibiotiques, des OGM, et autres saloperies qu’on trouve dans les produits de l’agriculture et de l’élevage « modernes » ? « Oui, mais le bio, c’est cher, c’est un truc de riches et de bobos ! » me dira-t-on. Honnêtement, je ne sais pas encore, mais finalement, tenter le coup (ou le coût ?) est une bonne façon de le découvrir. A venir, donc, une comparaison des épiceries bio de Bruxelles, pour vous dire où trouver la meilleure et la moins chère.

2 – Adieu veaux, vaches, cochons, couvées ?
Une alimentation carnée, c’est de moins en moins justifiable en termes de santé personnelle et publique, souffrance animale, empreinte carbone, gestion des ressources au niveau mondial, etc. Tout le monde sait ça, mais que faisons-nous ? Certains préfèrent ne pas y penser trop fort et continuent à dézinguer des steaks de 500 grammes avec la régularité d’un métronome. D’autres deviennent végétaliens et ne touchent plus même un œuf ! Et moi, où vais-je me situer dans tout ça ? Je n’ai pas encore de religion à ce sujet, mais la réflexion est en cours, et l’étude de faisabilité suivra !

3 – Golden brown
Vous la connaissez cette chanson des Stanglers ? Elle a l’air bien jolie et gentille, mais elle parle entre autres de l’addiction du chanteur à l’héroïne. Pour ma part, la poudre blanche à laquelle je suis accro, c’est bêtement… le sucre ! A un niveau de gravité moindre, il y a aussi le chocolat, le café, l’alcool, et tous les exhausteurs de goût de la malbouffe industrielle. En se débarrassant de tout ça (et ce sera déjà à moitié chose faite en mangeant bio), on arrive à retrouver un équilibre, une sérénité, puisqu’on ne passe plus d’un manque à un « shoot » au manque suivant, etc. Comment je le sais ? J’ai déjà fait l’expérience d’une période de six semaines de sevrage en 2016, mais j’ai recraqué ensuite. C’est que c’est difficile de s’en tenir à un régime alimentaire différent de celui de la société dominante….

4 – « Moeger en gezond »
Pendant la guerre, disait ma grand-mère paternelle, on était « moeger en gezond » : maigre et en bonne santé. Si par hasard les trois premiers points n’ont pas suffi à me faire significativement perdre du poids, j’ajouterai donc un bon vieux régime BLM (« Bouffe la moitié ») ou un BPLS (« Bouffe pas le soir »), voire une combinaison des deux. Le but est d’arriver, pour mon mètre septante, à un poids s’approchant des 60 kilos, alors que j’en fais actuellement plutôt 70. Pourquoi donc, puisque mon indice de masse corporelle est encore dans la norme ? Eh bien parce que je tiens à réduire le volume de mon estomac, et mes besoins alimentaires : un excédent calorique, quelle que soit la source de ces calories, ne mène qu’à une surdose de toxines dont votre corps se passe bien, merci pour lui.

5 – Il faut cultiver notre jardin
En l’occurrence, je cultiverai donc celui de ma petite maman chérie, puisque le jardin commun de l’immeuble où j’habite semble avoir une fonction purement récréative. Quoi que si j’arrive à convaincre tout le monde que c’est récréatif, un potager… Mais bref, j’ai eu un potager dans une vie antérieure, et j’adorais ça, donc je brûle d’envie de m’y remettre. Pour faire d’une pierre deux coups, je vais me lancer dans le lombricompostage. Mes lombrics auront des épluchures de fruits et légumes bio à profusion, et ce sera autant de déchets en moins dans ma poubelle. Au passage, je vais tenter de mettre en pratique quelques techniques de permaculture. Et dans un monde idéal, si j’en ai le temps, je suivrais bien un stage cette année.

6 – Zéro déchet !
Ou enfin, pas zéro, je n’y arriverai sans doute pas, mais en donnant mes déchets organiques à mes vers de terre, en faisant mes courses en vrac dans des épiceries bio et en réduisant à néant les pertes (déjà insignifiantes) étant donné que je mange moins, je devrais arriver à de beaux progrès. Actuellement, je sors une poubelle de 60 litres tous les 10-15 jours, le but sera donc de n’en sortir plus qu’une par mois.

Voilà donc pour le menu, à bientôt pour les recettes ! Et si vous avez des idées, n’hésitez surtout pas à les partager !

3 commentaires:

  1. Hum ! Plus de viande, plus de sucre, un régime ! Tu entres en religion !
    Les études concernant notre consommation de viande me semblent diverses et controversées. L'homme a une tradition millénaire d'omnivore, comme le cochon ou le poulet, même Jésus mangeait du pain et du poisson . Après, notre fonction rénale nous dit vite si on en mange trop.
    Perso, je n'envisage pas une seconde de supprimer la viande, du moins pour l'instant.
    Peut être par tradition, mais plus encore par conviction. J'ai reçu une lourde éducation judéo-chrétienne d'où je conserve une méfiance totale vis à vis des nouveaux oracles qui nous disent ce qu'il faut manger ou pas, ce qui est bien ou mal, ce qu'il faut penser et jusqu'à combien de fois il faut laver son soutien gorge par semaine ! Si si ! j'ai lu ça il y a peu... C'était bien la peine de faire Mai 68 !
    Ceci pour dire que c'est difficile de se faire une idée, dans un monde ou de toutes façons la notion de profit s'instille partout. Moi aussi j'achète pas mal de produits bio, mais là aussi il y a à dire...
    Par exemple ceci : https://www.marieclaire.fr/test-cheveux-polluants-toxiques-enfants-marie-claire,1278845.asp
    Donc à ce stade de ma propre réflexion, je m'intéresse plutôt aux circuits courts. Là où je vis, en montagne/campagne, c'est évidemment plus facile, mais en cherchant bien, ça existe aussi en ville.
    D'abord sur les marchés bien sûr où viennent des petits producteurs avec qui on peut discuter sur leur pratique et puis dans des organisations de producteurs.
    http://www.reseau-amap.org/
    Par exemple en France, il existe les AMAP, qu'on trouve dans les campagnes bien sûr mais aussi dans les grandes villes. Et il y a sûrement d'autres modèles.
    Pour en revenir à la viande, je crois que le plus gros problème est ici aussi celui de la façon dont elle est produite et de la quantité qu'il en faut pour nourrir convenablement la population mondiale. Il y a dans ce domaine aussi des gens qui cherchent des solutions pour conserver les apports en protéines animales tout en économisant les ressources de la planète. A ce titre j'ai déjà goûté des insectes grillés, pourquoi pas, c'était bon.
    Et en attendant, j'ai prêté mon pré qui est une zone humide, ici on dit une "sagne" à un éleveur voisin qui y met quelques vaches d'avril à novembre. Je ne sais pas combien elles lâchent de méthane mais ça a le mérite d'entretenir le pré, il y a un ruisseau et elles sont vraiment peinardes. D'après les environnementalistes locaux, la pâture par des vaches est le meilleur moyen d'entretenir une zone humide car elles mangent les herbes inutiles mais pas les autres plus précieuses genre drosera etc...
    Encore une histoire d'équilibre.
    Bien amicalement.

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  2. Bonsoir !

    Mes excuses, le quotidien est parfois prenant, et il s'est passé un moment entre ma lecture de ton commentaire et le petit moment de liberté pour y répondre.

    Je n'entre pas vraiment en religion, non. Dieu m'en préserve, si j'ose dire ! Ce qui n'empêche qu'à défaut "d'oracles", j'écoute en effet avec attention des gens que j'estime plus informés, plus engagés, plus cohérents que moi. Des modèles, en quelque sorte, mais que je ne suis pas aveuglément pour autant Je peux par exemple admettre tout le bien-fondé de la réflexion des végétaliens tout en gardant mon libre arbitre, qui se traduit en marge de manoeuvre. En pratique, j'envisage pour le moment de m'en tenir au poulet et au lapin bio en circuit court : ce sont des animaux qui ont eu une vie décente avant leur abattage et dont l'impact carbone est faible (ils sont petits, arrivent vite à maturation). En ce qui concerne la consommation de viande toujours, je sais que les études sont controversées : on peut lire tour à tour que l'élevage industriel est la première, la deuxième, ou la troisième industrie responsable d'émissions de gaz à effet de serre. Personnellement, l'exactitude absolue des chiffres m'importe peu, puisque je cherche à réduire mon impact environnemental dans tous les domaines. Et mon but n'est évidemment pas qu'il n'y ait plus nulle part aucune vache en pâture dans des sagnes. Mais il n'est pas non plus normal que 60% de la biomasse combinée des mammifères soit représentées par nos animaux d'élevage et animaux domestiques (outre 36% pour l'homme et les derniers 4% pour TOUS les autres !)

    Sur un autre sujet, qui est celui de l'éducation judéo-chrétienne, on pourrait discuter longtemps. Je ne l'ai pas reçue pour ma part (ou je dirais qu'on ne me l'a pas imposée), mais j'ai été nourri comme presque tout occidental ou presque du culte du progrès, de la raison, de la technique, dans un esprit de dichotomie homme/nature. Je pense que pour réussir une transition (consentie ou forcée), il va falloir revenir de cela pour adopter une nouvelle ontologie, et se considérer "vivant parmi les vivants", "animal comme les autres", "partie intégrante de la nature". Tant qu'on continuera à se croire supérieurs, à être dans le possession et l'exploitation violente, rien ne pourra fondamentalement changer. Et là il y a du boulot, dans nos esprits à tous...

    A bientôt pour le prochain échange ?

    Amitiés,

    Nicolas

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  3. Regarde quel truc j'ai vu aujourd'hui pour les déchets alimentaires (vidéo en anglais et en russe) : https://www.youtube.com/watch?v=uCHPAzf-tKw
    https://www.youtube.com/watch?v=pDVLqq4R21Y&feature=youtu.be
    Bien pour les appartements en ville, je trouve.
    Anya

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