Semaine 0
Le temps de l’action
Chères* toutes et tous,
(* oui, un petit accord de proximité, et de courtoisie !)
Chaque jour avec une insistance grandissante, une frange de plus en plus large de la société civile de nos pays d’Europe se mobilise pour demander au pouvoir politique de lutter contre le changement climatique. Le temps passe, et il semble de plus en plus évident que cet appel ne sera que peu entendu, et/ou sera entendu trop tard, et/ou que la réponse ne sera pas à la hauteur de l’enjeu.
Il est donc temps d’agir en dépit de nos dirigeants, mais il est urgent aussi d’agir de manière radicale et coordonnée, sans quoi les initiatives individuelles, incomplètes et isolées, ne mèneront à rien.
C’est ce défi – le plus grand de nos vies sans doute – que je voudrais relever à titre personnel en cette année 2019, en me servant de ce blog pour le partager avec vous. J’espère que vous me ferez l’honneur de me lire, de faire suivre mes publications, d’y réagir, de m’encourager, de m’aider, de m’inspirer, mais aussi bien sûr, de me critiquer, de me remettre en question, de débattre avec moi et entre vous… bref, de faire avancer le schmilblick, comme on dit.
Je souhaite que cette chronique hebdomadaire de ma transition écologique (et plus que ça) suscite des vocations parmi vous, entretienne la flamme de celles et ceux qui ont emprunté ce chemin avant moi, mais aussi plus simplement qu’elle m’empêche de me laisser baisser les bras, parce toutes et tous vous me regardez réaliser cette transition. Un effet Weight Watchers, en quelque sorte !
Pour commencer, même si une bonne partie de mes lectrices et lecteurs me connaissent de près ou de loin, permettez-moi de me (re)présenter, le moins longuement possible (non, pas « brièvement » : j’ai du mal à être bref).
J’ai très bientôt 43 ans, je suis divorcé, papa de deux enfants (8 et 6 ans), et je suis prof de traduction russe-français à l’ULB. Toute ma vie, j’ai été persuadé d’être « quelqu’un de bien ». Je suis le genre de gars qui ramasse les déchets des autres plutôt qu’il ne jette les siens sur la voie publique. Qui laisse la lunette des WC d’une aire d’autoroute (beaucoup) plus propre qu’il ne l’a trouvée. Qui finit toujours par se proposer gentiment pour reprendre une partie du boulot des autres, parce que comme ça, au moins, c’est fait, et « non, ça va, ça ne me dérange pas, c’est pas grand-chose, je m’organise ». J’ai passé ma vie à voter pour des partis qui prônent la justice sociale et l’écologie, et j’ai vécu en relative cohérence avec ces idéaux. « Relative » cohérence, parce que j’ai aussi, par exemple, fait des milliers de kilomètres à moto pour n’aller nulle part, et à un rythme où il valait mieux ne pas croiser un radar… Et aussi, comme tout le monde, je me suis laissé porter par le doucereux confort de mon pouvoir d’achat appréciable dans la société de consommation qui est la nôtre. Bref, j’ai acheté (et usé, cassé, jeté) tout un tas de choses parfaitement inutiles !
Pourtant, parallèlement, dès mes 17-18 ans, grâce à la vision du monde qui m’a été donnée par mon prof de français de l’école secondaire (l’écrivain Jacques Crickillon http://jacquescrickillon.be) j’ai pressenti que je verrais notre civilisation s’effondrer. Ces dernières années, mon intuition se confirme au quotidien.
Cet effondrement est défini par Yves Cochet, ministre français de l’écologie au début des années 2000, comme « le processus à l’issue duquel les besoins de base (eau, alimentation, logement, habillement, énergie, etc.) ne sont plus fournis (à un coût raisonnable) à une majorité de la population par des services encadrés par la loi ». La discipline scientifique récente qui étudie cet effondrement est la « collapsologie », science interdisciplinaire en plein essor, à laquelle j’adhère pleinement. A défaut d’être moi-même collapsologue (je n’en ai pas l’envergure), je suis « collapsonaute », et « collapsosophe » en devenir. Je publierai suite à ce premier post une (longue) interview de Pablo Servigne, inventeur du terme « collapsologie », dans laquelle il explique ses travaux et sa posture philosophique.
Mais alors, me direz-vous, à quoi bon faire ma transition écologique, si je suis persuadé que tout va s’effondrer (ou plutôt a déjà commencé à s’effondrer) ? Parce que ce que je vais entreprendre est utile à la fois pour limiter un tant soit peu l’amplitude de l’effondrement, mais est aussi (et surtout) utile pour apprendre petit à petit à vivre « dans l’après ». Je m’organise en quelque sorte une sortie de route plus ou moins contrôlée… Enfin, même si je devais ne pas survivre à l’effondrement, ce que je fais sera peut-être un exemple utile pour mon entourage en général et pour mes (nos) enfants en particulier. Car finalement, si j’ai choisi d’être prof, c’est pour transmettre avec enthousiasme un savoir, des pensées, des convictions, et aussi, à défaut de trouver une meilleure formule, « des ondes du cœur »… donc autant le faire dans ce domaine particulier aussi.
En pratique (et j’en finis !) vous trouverez chaque semaine sur cette page un compte-rendu de mes réflexions et surtout de mes actions sur un aspect de ma transition écologique. J’aborderai tour à tour les transports, l’alimentation, le logement, etc. que je déclinerai en sous-thèmes, en me demandant à chaque fois comment consommer moins, consommer mieux, limiter mon empreinte environnementale.
Enfin, je posterai aussi des pensées, des témoignages plus brefs, des liens vers des articles et vidéos, toujours sur le thème de l’effondrement et de la transition.
Pour commencer, quelques liens vers des vidéos éclairantes, surtout à destination de celles et ceux qui découvrent ce domaine de réflexion et de recherche. Attention, ce thème est bien entendu anxiogène, je m’en voudrais de ne pas vous le dire. Si vous êtes réceptifs à ce que vous allez regarder et lire, c’est un petit peu comme de choisir la pilule rouge dans Matrixx (et oui, ça vaut la peine de regarder la scène pour se remettre dans l’ambiance !)
Bonne lecture, le cas échéant, bon visionnage (quel terme barbare !) et à la semaine prochaine pour l’épisode 1 !
Nicolas.
Red pill ? Ainsi donc… :
L’astrophysicien Aurélien Barreau nous dresse un tableau de la situation et nous explique pourquoi il faut agir même « s’il est trop tard pour que rien ne se soit passé » : https://www.youtube.com/watch?v=H4wjc4FHpNY
Cyril Dion, le réalisateur du film « Demain », met le doigt sur le déni, ce réflexe de survie immédiat qui fait qu’en général nous ne faisons rien, de peur de regarder la vérité en face : https://www.facebook.com/LaPremiereRTBF/videos/1018432765025683/
Pablo Servigne, inventeur du terme, parle de la collapsologie et de la difficulté de trouver une posture face à cette perspective : https://www.youtube.com/watch?v=atNB6_wVQA0
Une palette de spécialistes traitent de différents aspects de l’effondrement : https://www.youtube.com/watch?v=JV2XPq-SmDk
Bonjour, Nicolas !
RépondreSupprimerBelle initiative qui, j'en suis sûr, saura m'inspirer pour aller plus loin dans cette démarche.
Est-ce que ce serait possible d'ajouter une sorte de newsletter à laquelle on peut s'inscrire pour être sûr de ne rater aucun épisode ? C'est peut-être déjà le cas, mais je n'ai rien trouvé sur la version mobile du blog!
Courage, bonne chance pour la suite et merci d'avance de nous partager tout ça !
Antoine
Merci Antoine, pour ce premier commentaire enthousiaste ! :-) Je tâcherai de mettre en place une newsletter en m'inspirant de la suggestion de David.
SupprimerA bientôt pour de nouveaux échanges !
Nicolas
Bonjour à tous !
RépondreSupprimerNicolas, merci pour cet article très intéressant !
Je suis persuadé que tes publications en motiveront plus d'un (moi y compris !).
Effectivement, comme Antoine l'a dit, une newsletter serait la bienvenue car elle permettrait à toute ton audience d'être mise au courant des nouveaux articles :)
Personnellement j'utilise Mailchimp, très intuitif et gratuit jusqu'à 2000 abonnés. Je pense que cela devrait être suffisant pour l'instant, à moins que tu n'aies déjà une audience de la taille d'un stade de football, dans ce cas reviens vers moi.
En tous cas je te souhaite une bonne continuation, très belle initiative !
David
Bonjour David,
SupprimerMerci à toi pour le tuyau concernant la newsletter. Je vais donc m'intéresser à Mailchimp... mais je ne promets rien, je suis blogger débutant et utilisateur informatique peu averti. Si nécessaire, je t'appellerai à l'aide.
A bientôt pour les épisodes suivants !
Nicolas
Re-bonjour David,
SupprimerJe ne suis pas arrivé à trouver simplement sur Mailchimp comment constituer une newsletter. Pourrais-tu m'aiguiller ?
Merci d'avance !
Bonjour Nicolas!
RépondreSupprimerJe te laisse un petit message d'encouragement, je tente moi-même de limiter mon empreinte écologique et je suis sans cesse confrontée à des doutes et des questionnements (n’est-ce pas inévitable quand on parle de « transition » finalement?). J’espère que ton blog nous permettra de partager des idées et se motiver mutuellement.
Je suis aussi pour une newsletter! ;-)
A très bientôt,
Julie
Szia, Julie !
SupprimerJe suis content de lire ton petit message. Le partage et la motivation mutuelle, un peu de soutien et d'écoute pour faire face aux inévitables questionnements, voilà bien quelques-uns des objectifs de mon blog.
Ravi de t'avoir à bord !
A bientôt, donc !
Nicolas
C'est une excellente initiative !
RépondreSupprimerComme tu l'expliques, ce genre de récit permet à beaucoup de personne - y compris moi-même - d'avancer toujours un peu plus dans cette transition nécessaire et oh combien agréable en fin de compte. Je lirai tes articles avec beaucoup d'intérêt et je tenterai de laisser des commentaires utiles avec des bons plans découverts de mon côté ou des questions sur l'un ou l'autre aspect d'une telle transition.
Allez, on inspire un bon coup et on y va !
Bises,
Max
Merci, Max ! J'attends tes bons plans avec intérêt... même si tu en m'en as déjà donné quelques-uns que je ne manquerai pas de partager ici.
SupprimerA plus dans le bus !
Bises,
Nicolas
Yep frangin!
RépondreSupprimeron en a déjà discuté et il y a sûrement plusieurs choses à faire au quotidien pour mettre une pierre à l'édifice…
pour ce qui est de manger, je suis partante pour changer les habitudes et faire moins mais mieux; pour le reste je ne me suis pas encore assez penchée sur le sujet mais je suis open.
bisou!
Hey, frangine !
SupprimerToi ici, quelle surprise ! ;-) Tant mieux, si tu es open, c'est l'essentiel. On en rediscutera donc entre la soupe et la salade...
Bisou,
Le frère